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mercredi 25 janvier 2017

{Chronique} Vous n'aurez pas ma haine

Couverture Vous n'aurez pas ma haine



Vous n'aurez pas ma haine
Antoine Leiris

Editions Livre de Poche
128 pages

Sortie : 4 janvier 2017
Prix : 3,90  







Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre dernier assassinée au Bataclan. Alors que le pays était endeuillé, à la recherche de mots pour dire l'horreur, il publiait sur les réseaux sociaux une lettre destinée aux terroristes intitulée Vous n'aurez pas ma haine. Dans celle-ci, il promettait à ces « âmes mortes » de ne pas leur accorder sa haine ni celle de leur fils de dix-sept mois, Melvil. Son message fait le tour du monde. Accablé par la perte, Antoine Leiris, journaliste de 34 ans, n'a qu'une arme : sa plume. L'horreur, le manque et le deuil ont bouleversé sa vie. Mais, à l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre, il nous dit que malgré tout, la vie doit continuer. C'est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu'il nous offre dans ce témoignage poignant.
« Vous n’aurez pas ma haine »

"Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.
Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.
Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.
Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus."

Cette lettre, c'est celle qu'Antoine Leiris a posté sur Facebook après la mort de sa femme le 13 novembre au Bataclan et qui a été repris dans le monde entier comme un symbole contre la haine.

Dans la continuité de cette lettre, Antoine Leiris a pris sa plume les 12 jours suivants l'attentat pour ne pas sombrer dans le chagrin, couchant sur le papier sa douleur, le vide et la vie qui continue sans la femme qu'il aime.

Sans jamais tomber dans le voyeurisme il nous livre, avec des des sentiments bruts, son combat pour continuer à avancer et se construire un quotidien avec son fils de 17 mois qui, bien évidemment, ne comprend pas pourquoi sa maman n'est plus là.

Avec une grande sensibilité et une certaine poésie, Antoine Leiris nous fait grandir et voir d'un autre œil cet événement auquel personne n'était préparé.


Et c'est avec une tendresse infinie que l'on découvre que l'horreur ne prendra pas le pas sur la vie.
Le petit Melvill et son papa gagneront contre la haine. Ils se construiront une vie à deux, où l'absente sera toujours présente. Les terroristes ont peut-être tué la femme de leur vie mais ils n'ont pas tué l'amour qui soudait ce trio.


Un témoignage bouleversant qui, je l'avoue, m'a fait versé des larmes pour cette femme dont je ne connais que le visage, cet amour brisé en plein vol et ce petit garçon qui grandira sans une présence maternelle.
 
Impossible pour moi de noter ce livre ou de vous dire que c'est un coup de coeur, c'est tellement plus que cela....un ressenti inqualifiable.
 
 
 

2 commentaires:

  1. Ce livre m'a l'air bouleversant. Même si j'ai des réticences à le lire de peur d'être submergée par l'émotion, ta chronique m'a convaincue de le découvrir.
    A très vite ! Gros bisous

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  2. Oh mon dieu, rien que de lire la lettre ça m'a mit des frissons !! Il doit absolument rejoindre ma pal !!

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